Etienne Friess, tiré du livre "Manger moins de viande"
Etienne Friess, tiré du livre "Manger moins de viande"

La viande est-elle dangereuse pour la santé ?

 

Que dit l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) dans son rapport de 2015 ?

Fin 2015, ce rapport indique qu’il existe un lien de causalité entre consommation de viandes et cancer. Il s’agit d’un « risque » d’augmentation du cancer colorectal* pour une consommation excessive de viande (rouge) et de charcuteries.

Il est évalué à :

+ 18 % par tranche d’augmentation de 50 g de viande transformée par jour

+ 17 % par tranche d’augmentation de 100 g de viande rouge par jour

(le risque est plus élevé pour la viande de charcuterie que pour la viande rouge fraîche)

A titre comparatif, le tabac augmente de 250% le risque de cancer du poumon : là on parle de réel danger et non de « risque ».

 

*le cancer colorectal est la 3ème cause de cancer (après cancer sein/prostate et du poumon).

Etienne Friess, tiré du livre "Manger moins de viande"
Etienne Friess, tiré du livre "Manger moins de viande"

Une surconsommation de viandes et charcuteries, c’est combien ?

Au-delà de 100 g de viandes rouges et charcuteries par jour, vous êtes considéré comme un grand consommateur. Vous faites alors partie des 20 % de la population Française « à risque ».

Toutefois retenez que le risque vient d’une SURCONSOMMATION !

 

Pourquoi l’excès de viande et charcuteries serait dangereux pour la santé ?

Pour plusieurs raisons, notamment à cause des sels N-Nitrosés (NOCs) liés aux additifs dans les charcuteries, mais aussi de la combustion de la viande (grillades au barbecue) et la formation de composés toxiques (composés aromatiques hétérocycliques AAH), et surtout du Fer héminique. Ce nutriment indispensable à l’organisme (à juste dose) stimule la formation de composés délétères favorisant l’inflammation. Or l’inflammation se trouve impliquée très précocement dans la cancérogénèse : le fer nous fait « rouiller » ! Et il se trouve dans les viandes rouges et les charcuteries.

Toutes les viandes se valent-elles ?

La réponse est « non » ! Cela signifie que non seulement il faut être vigilant sur les quantités, mais aussi sur la qualité des viandes que nous consommons : « Manger moins (et mieux) de viande » conseille à juste titre Gilles Daveau dans son livre (Actes sud).

(retrouvez l'émission sur RTL avec Gilles et moi-même)

Or, une « bonne » viande, de qualité, dépend entre autres de l’alimentation de l’animal. Malheureusement l’élevage intensif depuis de nombreuses années a réduit l’auge des animaux aux soja et maïs (tous deux riches en oméga 6), au détriment d’une belle diversité : herbe (de printemps riche en oméga 3), blé, orge, pois, betterave, lin…

 

D’où la remise en question, comme pour les humains, du contenu de l’assiette des animaux, avec l’association Bleu Blanc Cœur qui a choisie de mettre en place le Pnns des animaux.

Vous retrouvez le logo des animaux bien nourris non seulement sur les emballages de jambon, du lapin, mais aussi des œufs, des produits laitiers… Ils sont plus riches en oméga 3 que animaux issus d’élevage standard.

 

Info :

Bœuf Bleu Blanc Coeur : 20 % méthane en moins par kg de viande

Quelle place pour la viande dans notre assiette ?

L’erreur serait l’éviction des viandes ! Car elles ont des atouts nutritionnels indéniables : richesse en protéines, source de fer qui reste indispensable pour la qualité du sang et lutte contre l’anémie, vitamine B12…

Mais nous devons revoir l’équilibre et les proportions de notre assiette : une moindre quantité d’aliments d’origine animale, et une plus grande quantité de végétal. C’est bon pour notre santé…et celle de la planète ! 

Etienne Friess, tiré du livre "Manger moins de viande"
Etienne Friess, tiré du livre "Manger moins de viande"

Cela passe par un changement progressif de comportement : au lieu de vous demander quelle garniture vous allez mettre avec votre viande, dites-vous quelle « garniture de viande » va agrémenter vos légumes/féculents ?

Nous allons y gagner côté fibres, avoir un meilleur équilibre en acides gras (idéal serait 4 oméga 6 pour 1 oméga 3 ; les oméga 3 sont anti-inflammatoires), plus de vitamines (E notamment), et plus d’antioxydants (les « anti-rouilles »).

Sans négliger le laitage/fromage dont le calcium sert d’antidote au fer héminique (effet chelateur).

Autre point important, cuisinez à basse température pour préserver tous ces micro-nutriments.

Cette assiette méditerranéenne s’avère bénéfique pour lutter contre le cancer colorectal et préserve aussi mieux l’environnement.

 

Info :

Viandes rouges : bœuf, porc, veau, cheval, agneau

Viandes blanches : volailles, lapin

 

Impact environnemental :

Produits d’origine animale : 2330 g équivalent CO2/jour/personne

Produits d’origine végétale : 840 g équivalent CO2/jour/personne

 

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